L'amour est la voile de notre bateau de vie.
Tel un voilier sur la mer, nous cherchons à maîtriser tant bien que mal notre destin.
Nous ne pouvons pas contrôler les vents, les courants marins, les marrées. Nous ne pouvons pas rêver d'une mer exempte de tempête de typhon ou de cyclone. Nous ne choisissons pas non plus les distances à parcourir d'une terre à l'autre, ni la nature des côtes.
L'amour est notre voile, elle nous permet d'avancer, de capter et de canaliser les énergies afin de nous mettre en mouvement et d'imprimer une direction à notre embarcation.
Si nous disposons d'une importante superficie de voilure, nous pouvons voyager sur toutes les mers du globe, en nous orientant à l'aide du soleil et des étoiles, en nous dirigeant vers des eaux aussi sereines que possible.
Nous pouvons alors découvrir la nature et ses merveilles, malgré les éléments extérieurs défavorables, qu'il est d'ailleurs possible d'apprendre à respecter et à considérer comme des sources d'enrichissement du soi.
Choyons notre voile, choyons l'amour lorsqu'il est là, car son pouvoir de nous apporter le bonheur est infini. Mais, si sa puissance est gigantesque, sa fragilité est grande également.
Même avec la plus blanche et la plus grande des voiles, il suffit d'une petite entaille au couteau dans un coin, pour qu'avec les vents qui forcissent, la voile se déchire du haut en bas dans un bruit terrifiant et nous laisse, perdu au milieu de l'océan, sur un bateau mort.
Après quarante-cinq ans de mer, je dispose d'une grande voile, magnifique, superbe, je peux lever la tête autant que je veux, je ne parviens même pas à en apercevoir le sommet. Je ne sais pas dans quelle mesure j'ai ½uvré pour l'obtenir, je ne sais pas à quel point il s'agit d'un cadeau de la vie.
J'y apporte un soin extrême, je sais bien que là est toute la valeur de ma vie, là est mon trésor, là est le seul lieu de paix de mon âme.
Pour rien au monde je ne prends le risque de l'endommager, car sans elle, je n'ai pour seule envie, que de saborder le voilier.
J'aime voir cette voilure grandiose enfler, se gonfler et emmener ma coquille de noix à vive allure vers l'horizon embraser par le soleil couchant, alors que le vent offre à mon corps une caresse infinie.
A cette voilure, je veux consacrer le meilleur de celui que je suis, pour elle je veux être le matelot qui cherche à devenir meilleur. Cette voilure guidera ma vie et, au terme de mon ultime voyage, elle sera mon linceul.
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